Bruno Retailleau en visite à Nantes pour soutenir Foulques Chombart de Lauwe

Les municipales avancent à grandes enjambées, notamment à Nantes, après la désignation par les adhérents LR de Foulques Chombart de Lauwe en tant que candidat officiel des Républicains à la mairie contre Johanna Rolland.
Aujourd'hui c'est l'ancien Ministre de l'intérieur et Président des LR notamment au Sénat, Bruno Retailleau, qui vient apporter son soutien au candidat Nantais.
Nous avons rencontré Foulques Chombart de Lauwe voici quelques jours afin d'échanger avec lui est ses équipes au sujet de son projet pour Nantes.
En effet, après des décennies de gouvernance socialiste, la candidature de Foulques Chombart de Lauwe pour les élections municipales de 2026 incarne une volonté de rupture profonde dans la Cité des Ducs.

Vainqueur de la primaire de la droite et du centre, cet élu d’opposition a réussi à fédérer une large alliance allant des Républicains aux partis de la majorité présidentielle.
Son projet : un diagnostic sans concession des maux nantais et une série de propositions chocs pour, selon ses mots, « réparer la ville ».
S’appuyant sur une critique acerbe du bilan de la maire sortante, Johanna Rolland, il dénonce une gestion qu’il juge idéologique et déconnectée des préoccupations quotidiennes des habitants. De l’avenir du CHU à la polémique sur les décorations de Noël, en passant par l’insécurité et la gestion des deniers publics, Foulques Chombart de Lauwe se positionne en porte-parole d’une colère qui gronde.
Le CHU : Symbole d’une politique déconnectée des besoins
Le futur CHU de Nantes, projet phare de la métropole, est au cœur des critiques du candidat. Pour Foulques Chombart de Lauwe, ce dossier est emblématique d’une politique qui privilégie l’urbanisme à la santé. Il rappelle que la décision de l’implanter sur l’île de Nantes fut celle de Jean-Marc Ayrault, une décision motivée, selon lui, par des considérations personnelles : « Je rappelle qu’il s’entendait mal avec le maire de Saint-Herblain, [...] c’est juste parce qu’il ne supportait pas son successeur à Saint-Herblain qu’il n’a pas voulu que ça se fasse là où c’était prévu ».
Au-delà de l’anecdote, le candidat pointe des problèmes de fond majeurs. L’accessibilité d’un hôpital d’envergure régionale, accueillant des patients de tout le Grand Ouest, est une préoccupation centrale. Or, le projet actuel, avec un accès automobile restreint et un nombre de places de parking incertain, risque de transformer le parcours de soin en véritable casse-tête pour les usagers.
« Nous serons très attentifs aux moyens d’accès et capacitaires pour les usagers »
promet-il
Il s'inquiète également d’une offre de soin potentiellement réduite, avec « moins de lits que dans le CHU actuel ».
Affaires et deniers publics : « Ils ne font plus la nuance entre l’argent des Nantais et le leur »
La gestion des finances de la ville est un autre angle d’attaque majeur. L’affaire Ouest-France, où la municipalité a acheté des milliers d’exemplaires du quotidien au lendemain d’un meeting de Johanna Rolland, est pour lui un cas d’école.
« Cela s’appelle utiliser l’argent de la ville et du contribuable pour financer sa campagne »
martèle-t-il.
Il a annoncé son intention de saisir la Commission nationale des comptes de campagne et de ne pas écarter une plainte auprès du Procureur de la République.

Pour Foulques Chombart de Lauwe, cet épisode n’est pas un simple dérapage, mais le symptôme d’un mal plus profond :
« Johanna Rolland est maire depuis 14 ans. Elle est élue depuis 20 ans. En fait, ses alliés et elle ne font plus la nuance entre l’argent des Nantais et le leur. C’est cela le vrai problème ».
Il égrène d’autres affaires qui ont émaillé les mandats de la majorité sortante – la Folle Journée, le Carrousel, l’École des Beaux-Arts – pour réclamer « de l’oxygène, de la transparence dans l’utilisation des deniers des Nantais ».
Cette exigence de rigueur s’étend à la commande publique. L’affaire Pachet, du nom de ce couvreur qui a dû médiatiser son histoire dans nos pages pour obtenir le paiement de ses factures, illustre selon lui le mépris de la ville pour les petites entreprises.
« Une collectivité doit être exemplaire dans le paiement de ses factures fournisseurs, surtout quand c’est des PME »
insiste-t-il.
Il critique des appels d’offres de la ville de Nantes truffés de clauses idéologiques (« non-genré, éco-responsable, inclusif… ») qui, selon lui, « excluent de facto les TPE et les PME » au profit des grands groupes.
Sa solution : simplifier les contraintes et pratiquer un allotissement intelligent pour permettre aux entreprises locales d’accéder aux marchés publics. Car, comme il le résume avec pragmatisme :
« Il faut vraiment jamais avoir géré une entreprise pour ne savoir que la trésorerie c’est le nerf de la guerre.
Prendre des commandes, c’est bien. Se faire payer, c’est mieux ! ».
Insécurité et promesses non tenues : Le « sentiment calibre 12 » des Nantais
Face à ce qu’il nomme le « bilan de l’inaction » de Johanna Rolland, Foulques Chombart de Lauwe se montre particulièrement offensif sur le thème de la sécurité. Avec 55 fusillades recensées dans l’année, il refuse de parler d’un simple « sentiment d’insécurité ». C'est aussi le motif principal de la venue de l'ancien Ministre de l'intérieur Bruno Retailleau à Nantes.
« C’est un sentiment calibre 12 qui pèse un peu lourd dans le quotidien des Nantais »
Foulques Chombart de Lauwe accuse l’équipe municipale de « déni de réalité » et de laxisme, citant la réponse de l’adjointe de Johanna Rolland à la santé qui lui aurait déclaré au sujet des caméras de vidéoprotection : « vous comprenez, la drogue sera toujours là ».
À l’inverse, Foulques Chombart de Lauwe propose de réarmer la police municipale et de la recentrer sur ses missions de lutte contre les incivilités pour permettre à la police nationale de se concentrer sur les trafics. Il va jusqu’à critiquer les choix budgétaires de la majorité, comme l’allocation de fonds pour un « réseau non sexiste » :
« les dizaines de milliers d’euros que ça va coûter (ndlr : le réseau non sexiste), il faut les mettre dans des caméras pour la sécurité des femmes dans la rue ».
Alliances, retraités et art de vivre : Rendre la ville à tous
Conscient qu’une victoire ne se construit pas seul, Foulques Chombart de Lauwe a bâti une alliance large, qu’il oppose à la majorité sortante.
« L’équipe de Johanna Rolland et des écolos se détestent.
Par conséquence, cela paralyse la ville »
analyse-t-il.
Foulques Chombart de Lauwe met en avant la bonne entente de son équipe, unie par « l’amour de Nantes et le refus du fatalisme ».
Sur le fond, il assure que les convergences sont nombreuses :
« On a cherché des lignes rouges, des gros désaccords, on ne les a pas trouvés ».
Ce projet rassembleur vise à s’adresser à tous les Nantais, et notamment à ceux qui se sentent exclus.
Il prend pour exemple les retraités, et raconte l’histoire émouvante d’une femme de 82 ans en larmes après la réforme du stationnement qui la privait de sa voiture, sa « dernière liberté ». Pour lui, c’est la preuve que :
« cette gauche qui se dit socialiste est davantage intéressée par le dogme que par le côté social ; les gens ne les intéressent plus ».
Il veut faire de Nantes une ville où l’on peut « choisir son mode de vie », et non une ville qui « impose un mode de vie ».
Cette philosophie s’applique jusqu’aux traditions.
La polémique sur les décorations de Noël, remplacées par un « Voyage en hiver » jugé froid et conceptuel, est pour lui révélatrice.
« Ce n’est pas une question d’aimer ou de ne pas aimer (ndlr : Le voyage en hiver) car en fait ce n’est pas Noël »
explique-t-il.
Face à Jean Blaise, le directeur du Voyage à Nantes, qui lui avait confié « ne pas trop savoir ce que c’est l’esprit de Noël », il répond simplement : « Ça s’appelle l’émerveillement ».
Il promet donc de « rendre Noël aux Nantais », avec des décorations traditionnelles, des sapins et des guirlandes.
Un combat symbolique, mais qui en dit long sur sa volonté de reconnecter la politique avec les aspirations populaires des Nantaises et des Nantais.




