Patrick Messus : l'outsider candidat à la Mairie de Sautron dévoile ses intentions pour conquérir la ville

Patrick Messus en campagne pour les élections municipales de 2026 à Sautron.
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SAUTRON en Loire Altantique (44) - Onze ans après avoir quitté la vie politique locale, Patrick Messus, 66 ans, fait un retour qui ne laisse personne indifférent. Loin des discours policés, l’ancien adjoint aux finances de Marie-Cécile Gessant (ndlr : Maire de Sautron – Mandat en cours) se lance dans la course à la mairie avec la ferme intention de la remporter. Dans un entretien, il livre sa vision pour Sautron. Son leitmotiv, emprunté au latin : « Acta Non Verba », des actes, pas des mots. Une formule qui annonce la couleur...

Tout pour Sautron

Mon seul parti, c’est Sautron.

Avant d’être un homme politique, Patrick Messus se définit comme un entrepreneur et un passionné de sa ville. Arrivé à Sautron en 1988, cet expert-comptable de formation, natif du Havre, s’est rapidement investi dans la vie associative de la commune, notamment en en étant élu municipal lors de deux mandats (Monsieur Bretecher puis Madame Gessant) et Président du club de football pendant sept ans.

Je n’aime pas les hommes politiques.

Lâche-t-il d’emblée.

Cette méfiance de la politique politicienne est au cœur de son identité de candidat. Il se présente comme un homme libre, sans étiquette, dont le seul moteur est l’amour de sa commune :

Mon seul parti, c’est Sautron. Je ne vis que pour Sautron et je ne vivrai que pour Sautron.

L’urbanisme : la bataille centrale

Le cœur du programme de Patrick Messus est sans conteste l’urbanisme. Il regrette la politique menée ces dernières années.

Vous ne pouvez pas promettre aux Sautronnais qu’il n’y aura pas d’immeubles.

Moi, je ne sais pas mentir. Je ne parle qu’avec mon cœur. 

Le problème n’est pas tant de construire, mais plutôt de savoir comment et où construire.

Patrick Messus reproche à l’équipe actuelle un manque d’anticipation, notamment sur la constitution de réserves foncières pour les projets d’avenir de la commune :

Lorsque j’étais adjoint de Madame Gessant, j’avais sollicité que l’on crée une ligne budgétaire qui s’appellerait “Acquisition de foncier stratégique”.

Or, Madame Gessant reconnait dans son bilan de mandat que certains points de son programme n’ont pas été réalisés à cause d’un manque de foncier.

Je lui dis aujourd’hui : Pourquoi n’avez pas tenu compte de mes préconisations ?

Les finances : l’augmentation des frais de personnel en ligne de mire

En tant qu’ancien adjoint aux finances et expert-comptable, Patrick Messus se sent particulièrement légitime pour aborder la gestion budgétaire de la commune. Il pointe une « augmentation » des dépenses, notamment des frais de personnel :

À l’époque (2008) à laquelle je deviens adjoint, les frais de personnel sur Sautron représentent un peu plus de 52% des dépenses de gestion (référence compte de gestion (M14).

Aujourd’hui (référence compte financier unique (M57)) c’est 62%. 
Ce n’est pas négligeable avec une population en augmentation mais pas dans une telle proportion. 

Il convient tout de même de tenir compte d’une revalorisation significative du point d’indice courant 2022. Mais cela n’explique pas tout.

Il cite en exemple le récent rapport de la Chambre régionale des comptes sur la ville voisine d’Orvault, qui a été épinglée à cause d’une gestion budgétaire préoccupante, pour souligner que le problème n’est pas isolé mais nécessite une vigilance de tous les instants. Sa promesse est claire : une gestion rigoureuse et transparente.

Avec l’argent des autres, un élu a des comptes à rendre.

martèle-t-il.

Cette rigueur affichée explique sa position tranchée sur un éventuel projet de piscine municipale, qui serait réclamé par certains habitants. Sa réponse est sans détour :

Faire une piscine, nous n’en avons pas les moyens.

Je sais combien ça coûte à construire. Je sais aussi combien ça coûte à entretenir. 

Soyons sérieux, pour payer la construction et l’entretien de cette piscine, il faudra nécessairement augmenter les recettes (les impôts).

Sécurité, transports, énergie : les autres fronts

Au-delà de l’urbanisme et des finances, Patrick Messus décline plusieurs autres priorités. En matière de sécurité, il constate que rien ne s’est passé depuis 10 ans :

Aucun autre dispositif que les 4 caméras mises en place lors de la première mandature de Madame Gessant.

Il ironise sur le vote d’un budget de 100 000 euros pour de nouvelles caméras, juste après qu’il a commencé à faire campagne sur ce thème.

Concernant les transports, il déplore l’unique ligne de bus et propose des solutions concrètes, comme une navette vers le pôle commercial d’Atlantis et un système de bus faisant le tour du périphérique nantais pour mieux desservir la commune mais aussi les autres communes de la métropole. Ces projets, assure-t-il, feront l’objet d’une concertation avec Nantes métropole.

Enfin, il aborde la question de l’énergie, prônant un audit des bâtiments communaux, dont certains pourraient être mal isolés, et ne manque pas de décocher une flèche vers les politiques nationales et européennes :

Pourquoi les français paient-ils une électricité aussi chère alors que nous avons l’électricité la moins chère du monde avec nos centrales nucléaires ?

Un duel à distance avec l’héritier désigné

La candidature de Patrick Messus le place en opposition frontale avec Anthony Béraud (Secrétaire Départemental des LR) l’actuel adjoint à la culture, désigné par Marie-Cécile Gessant pour lui succéder. Tout en affirmant avoir de « bonnes relations » avec celui qui est également son « voisin », Patrick Messus s’interroge :

Je n’ai absolument rien contre Anthony mais quelque chose sur sa vision, en fait.

Dans votre article en particulier, il développe des sujets.

Or, cela fait 6 ans qu’il est adjoint. À aucun moment, il y a 6 mois, il y a 12 mois, il y a 18 mois, il y a 20 mois, la mairie n’a évoqué ces sujets.

Les caméras, ils viennent de les découvrir. Les panneaux photovoltaïques, idem.

Confiant, voire bravache, Patrick Messus semble savourer son rôle d’outsider déterminé :

Je n’imagine pas ne pas être élu.

lance-t-il.

En se réclamant de l’héritage de François Baudry, le « maire-bâtisseur » de Sautron (1965-1995), il se positionne comme le garant d’une certaine idée de la ville, face à une continuité qu’il juge essoufflée. La campagne des municipales est bien lancée, et elle promet d’être tout sauf un long fleuve tranquille.