Anthony Béraud part à la conquête de Sautron

Publié le 28 novembre 2025 à 14:56
par Stéphane Alligne
En vue des élections municipales de 2026, Anthony Béraud annonce sa candidature à la mairie de Sautron.
Actualité

À 45 ans, Anthony Béraud se prépare à briguer la mairie de Sautron en 2026. Un parcours politique forgé sur le terrain, une vision ancrée dans le pragmatisme et une ambition claire : préserver l’âme de la commune tout en la projetant vers l’avenir

Rencontre avec un homme pour qui le service public est bien plus qu’un métier, c’est une vocation.

Anthony Béraud, au service des citoyens

C’est à Sautron, cette commune prisée de la métropole nantaise où il vit depuis une décennie, qu’Anthony Béraud nous reçoit. 

Le verbe est posé, le regard direct. À 45 ans, père de deux enfants, son parcours est une ligne claire tendue vers l’action publique. 

Des études de droit public l’ont rapidement mené vers les collectivités territoriales, mais c’est sur le terrain, au cœur de la machine politique, qu’il a véritablement fait ses armes.

« Dans mon ADN, il y a le service public et la proximité avec les usagers »

Confie-t-il d’emblée. 

Une conviction qui le pousse, encore étudiant à Nantes, à vouloir « agir ».

À l’époque, la porte d’entrée la plus évidente est celle d’un parti. Ce sera le RPR. Il y découvre le militantisme, l’effervescence des campagnes, et surtout, le pragmatisme du terrain qui ne renie pas les marqueurs idéologiques. 

Marqué par la figure tutélaire de Philippe Séguin, il se reconnaît dans ce « gaullisme social » qui allie la solidarité nationale à un État stratège, laissant aux entreprises la liberté de créer la richesse qui finance le modèle français. « Un chef d’entreprise a besoin de stabilité, de confiance, et qu’on le laisse travailler tranquille », martèle-t-il, plaidant pour une simplification administrative et une stabilisation fiscale avant d’envisager toute hausse d’impôts.

Son chemin professionnel le conduit de la mairie de Saint-Brévin-les-Pins aux cabinets de la Région des Pays de la Loire, aux côtés de Bruno Retailleau et Christelle Morançais. Un poste de chef de cabinet qu’il quittera en 2020, la loi l’y obligeant pour pouvoir se présenter aux élections municipales. Un choix fort, celui de mettre sa carrière entre parenthèses pour répondre à l’appel du local.

De la culture à la candidature : l’ancrage à Sautron

C’est Marie-Cécile Gessant, la maire de Sautron, qui lui propose de rejoindre sa liste. Il devient son adjoint à la culture et s’attelle à une mission qu’il prend à cœur : rendre la culture accessible sans la niveler par le bas.

 « Nous proposons de la vraie culture aux habitants, une culture qui peut parfois être considérée comme élitiste, mais c’est notre rôle », assume-t-il. 

L’opération « Opéra sur écran » en est un exemple, tout comme une programmation théâtrale ambitieuse.

Mais le projet phare du mandat reste la création de la médiathèque, « La Parenthèse ». Loin d’être une décision venue d’en haut, le projet est le fruit d’une large concertation. 

Associations et habitants ont été consultés avec des questionnaires pour définir les attentes en termes de contenus et d’horaires. 

Le résultat est un lieu de vie et d’échange qui dépasse la simple bibliothèque, intégrant une ludothèque plébiscitée par les familles. « C’est un peu mon bilan de mandat à la culture, et nous en sommes particulièrement fiers », sourit-il.

Alors que Marie-Cécile Gessant a annoncé ne pas briguer un nouveau mandat, c’est vers lui que l’équipe municipale s’est tournée, à l’unanimité, pour poursuivre le travail engagé. 

Une succession naturelle pour celui qui s’inscrit « dans la lignée de ce qui a été fait ». La candidature d’Anthony Béraud à la mairie de Sautron en 2026 est donc officielle, portée par le soutien de l’équipe sortante mais avec la volonté d’injecter du « sang neuf pour apporter de nouvelles idées et une nouvelle énergie ».

Protéger, préparer, partager : une vision pour Sautron

Plutôt que de dévoiler prématurément des mesures, Anthony Béraud a préféré, là encore, la méthode de la concertation, en adressant un questionnaire à tous les Sautronnais. Il est possible de répondre au questionnaire directement en ligne.

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Avec déjà plus de 300 retours, il dessine les contours d’un projet articulé autour de trois axes majeurs.

Protéger le cadre de vie, d’abord.

« Nous avons la chance de vivre dans la plus belle ville de la région » 

affirme-t-il sans détour. 

Cela passe par une maîtrise de l’urbanisme, la préservation de l’environnement, mais aussi la sécurité et le soutien à la forte densité commerçante. Il y inclut la sauvegarde de « l’esprit village », cet intangible fait d’entraide et de liens sociaux, incarné par un tissu associatif de plus de 80 associations.

Préparer l’avenir, ensuite. 

Cela se traduit par une transition écologique qu’il veut « positive », faite de « solutions concertées et non de contrainte »

Il cite en exemple l’augmentation du bio dans les cantines, la lutte contre le gaspillage alimentaire ou encore les projets de couverture de terrains de sport par des panneaux solaires, une opération neutre pour les finances de la commune et vertueuse pour l’environnement.

La préparation de l’avenir, c’est aussi l’amélioration des transports en commun, un point noir qu’il reconnaît et pour lequel il faudra « entreprendre un travail avec la métropole ».

Partager les décisions, enfin.

Fidèle à son ADN, il croit fermement à la participation citoyenne. 

« C’est toujours l’élu qui décide, mais il peut consulter les habitants »

résume-t-il. 

Après le succès de la concertation pour la médiathèque, il souhaite pérenniser et développer ces espaces de dialogue, que ce soit via le conseil municipal des enfants, le conseil des sages, ou en créant de nouvelles instances pour inclure les acteurs économiques à la réflexion sur l’avenir du territoire.

Face aux mécontentements : le défi de la proximité

Un futur maire doit aussi faire face aux frustrations du quotidien des habitants de sa commune. À Sautron, les travaux de la rue principale exaspèrent usagers et commerçants, tout comme les nids-de-poule qui parsèment certaines rues, ou encore le sentiment d’un entretien des rues et des trottoirs de la ville souvent négligé au nom d’une écologie du laissez-aller.

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Sur ces points, Anthony Béraud ne se dérobe pas. 

« Ce constat, je le partage »

Admet-il. 

Avant de rappeler une complexité administrative majeure : la voirie est une compétence de Nantes Métropole.

« C’est une des difficultés de l’intercommunalité, lorsque le centre décisionnel est éloigné du terrain ». 

Il défend la nécessité des travaux de la rue de Nantes, qui visent à rénover la chaussée, sécuriser les pistes cyclables et embellir l’entrée de la ville. Il assure que la municipalité est « à l’offensive » pour que les commerçants impactés soient indemnisés au travers de la procédure mise en place par Nantes Métropole.

Quant au projet d’implantation d’une déchetterie industrielle du groupe Brangeon à l’entrée de la ville, son opposition est frontale et ancienne. « J’ai fait partie de ceux qui ont mis ce dossier sur le devant de la scène lors des législatives de 2022 ». 

« C’est une implantation qui n’a pas de sens à cet endroit »

tranche-t-il.

Les risques de pollution et de congestion semblent évidents, même s’il ne s’oppose pas à l’entreprise elle-même, il juge l’emplacement choisi, à proximité immédiate d’habitations, comme une aberration.

Face aux demandes d’infrastructures nouvelles – collège, lycée, piscine, salle polyvalente – il répond avec la rigueur du gestionnaire :

Le collège et le lycée relèvent du département et de la région, qui ont pour l’heure refusé les projets sur la commune. 

Une piscine est un investissement et un coût de fonctionnement hors de portée pour une ville comme Sautron. 

Quant à la salle polyvalente, promesse de 2020, elle a été reportée car « les finances de la ville ne le permettaient tout simplement pas », la faute à un désengagement de l’État et à une augmentation des dépenses obligatoires. « Gérer une ville en bon père de famille, c’est aussi cela », conclut-il.

L’obsession du service public

De l’entretien des trottoirs à la grande vision pour les dix prochaines années, Anthony Béraud revient sans cesse à cette notion de service public efficace et de proximité.

Il encourage les citoyens à utiliser les outils modernes comme l’application Nantes Métropole dans ma poche pour signaler les anomalies (nids de poule, ampoule de lampadaire défectueuse, végétation invasive, défaut d’entretien des trottoirs ou des fossés..etc) tout en reconnaissant la nécessité de mieux communiquer sur « qui fait quoi ».

« Une fois élu, je m’engagerais pour que l’on ait une attention particulière à l’entretien des espaces quotidiens des Sautronnais, afin que l’on essaye de répondre le mieux possible à ces attentes qui sont souvent légitimes. »

À travers ses réponses, c’est le portrait d’un homme politique moderne qui se dessine : à la fois stratège et pragmatique, conscient des héritages mais résolument tourné vers l’avenir. 

Un homme qui, sans renier la complexité de la gestion publique, cherche à redonner du pouvoir et de la lisibilité à l’action locale. 

En 2026, les Sautronnais diront si cet instinct de Maire, forgé au service de l’État et poli au contact de ses concitoyens, est celui qu’ils choisissent pour écrire la prochaine page de leur histoire.