Extrême droite : la gauche est-elle devenue le miroir inversé de ce qu'elle prétend combattre ?

Le terme « extrême droite » est devenu un concept à géométrie variable, un sac fourre-tout dans lequel on jette pêle-mêle les Républicains, les macronistes, et même les socialistes qui auraient le malheur de dévier de la ligne officielle.
Dans le théâtre de la politique française, une pièce se rejoue inlassablement, avec une dramaturgie qui confine à l'absurde. C'est celle du procès en illégitimité, où une partie de la gauche, notamment sa frange la plus radicale, s'est auto-investie du rôle de procureur universel, distribuant avec une régularité mécanique l'étiquette infamante d'« extrême droite » à quiconque ose se dresser sur son chemin. Dernier exemple, avec Guillaume GANDON, un musicien de gauche tendance antisémite qui rattache quiconque n'étant pas d'accord avec ses idées à l'extrême droite. Il qualifie a peu près tout et n'importe quoi d'extrême droite.

Pour la gauche, tous les autres sont d'extrême droite
Même notre journal, pourtant apolitique, est considéré d'extrême droite par Guillaume Gandon. L'économie n'est ni de gauche ni de droite car elle s'appuie sur des chiffres et des faits contrairement à ces qualifications idéologiques. Les propos de Guillaume Gandon sont assurément diffamatoires au sens de l'Article 32 de la Loi du 29 juillet 1881.
Une gauche assurément, passionnément, radicalement antisémite
En consultant les publications de Guillaume Gandon, on constate rapidement ses accointances avec l'antisémitisme d'extrême gauche :

Il suffit de lire le livre de Richard Malka "Passion antisémite" pour s'apercevoir que la gauche est contaminée jusqu'au trognon.
À défaut d'arguments ou d'analyse, l'adversaire est diabolisé
De l'adversaire politique au simple contradicteur, du conservateur au social-démocrate jugé trop tiède, la machine à anathèmes tourne à plein régime, transformant le débat d'idées en un tribunal manichéen. Cette stratégie, aussi prévisible qu'efficace à court terme, n'est pas sans conséquences dévastatrices pour la vitalité de notre démocratie, qu'elle prétend pourtant défendre.
Le mécanisme est d'une simplicité redoutable. Il ne s'agit plus de débattre du fond, de confronter des arguments ou de réfuter une proposition, mais de disqualifier moralement l'interlocuteur. En le marquant du sceau de l'extrémisme, on le prive de sa légitimité à participer à la conversation publique. On ne discute pas avec un « facho », on le combat.
Cette posture trouve ses racines dans une distinction fondamentale, brillamment analysée par le philosophe et politologue Pierre-André Taguieff. Selon lui, une partie de la droite a tendance à percevoir son opposant de gauche comme quelqu'un qui « se trompe », tandis qu'une partie de la gauche voit son adversaire de droite comme quelqu'un qui « est le mal ».
Cette vision binaire du monde, où s'affrontent le camp du Bien (le progrès, la justice, l'égalité) et celui du Mal (la réaction, l'oppression, le privilège), interdit toute nuance et transforme la politique en une guerre de position morale.
Cette rhétorique de la diabolisation n'est pas nouvelle, mais elle a connu une accélération et une systématisation ces dernières années, notamment sous l'impulsion de La France Insoumise.
Comme le souligne le journaliste Albert Zennou dans Le Figaro, l'accusation est devenue « mécanique ».
Le terme « extrême droite » est devenu un concept à géométrie variable
Le terme « extrême droite » est devenu un concept à géométrie variable, un sac fourre-tout dans lequel on jette pêle-mêle les Républicains, les macronistes, et même les socialistes qui auraient le malheur de dévier de la ligne officielle.
L'objectif est double : d'une part, se poser en unique rempart contre une menace fasciste fantasmée et omniprésente ; d'autre part, éviter tout débat de fond sur des sujets devenus des marqueurs idéologiques, comme la sécurité, l'immigration ou la laïcité.
Aborder ces thèmes sous un angle qui n'est pas celui de la gauche radicale suffit à déclencher l'accusation. La peur de la « droitisation » paralyse la pensée et empêche toute remise en question.
Le poison de ce manichéisme, comme le décrit le professeur Jacques Le Goff, s'infiltre dans toutes les strates du débat démocratique. En érigeant le contradicteur en ennemi absolu, on sape les fondements mêmes de la démocratie, qui repose sur « le pari risqué et presque insensé de mettre les désaccords d'opinion et d'intérêts au service de l'intérêt général ». La confrontation pacifique, même énergique, cède la place à une logique de guerre civile symbolique où tous les coups sont permis. Cette instrumentalisation du vocabulaire antifasciste a pour effet pervers de le vider de sa substance historique et de sa gravité. À force de crier au loup, on rend le mot « fasciste » inaudible et inopérant, y compris lorsqu'il pourrait désigner une menace réelle. L'éditorialiste Issie Cameron, dans L'Express, met en garde contre cette dilution : « Aucun mot n'aura été plus effrontément et irresponsablement dilué et instrumentalisé par les néo-progressistes que celui de fascisme ».
Qu'est-ce que le fascisme ? Définition du fascisme
Fascisme : Doctrine ou système politique tendant à instaurer dans un État un régime totalitaire du même type.
Cette obsession à traquer l'extrême droite partout, tout le temps, révèle en creux une profonde crise idéologique au sein d'une certaine gauche. Incapable de produire un récit mobilisateur et positif, elle se réfugie dans une posture purement réactive et oppositionnelle.
Sa seule boussole devient l'antifascisme, mais un antifascisme dévoyé, qui ne sert plus à combattre une idéologie précise mais à construire un ennemi commode.
Cette stratégie du bouc émissaire est une fuite en avant qui masque mal un vide programmatique et une difficulté à appréhender les nouvelles fractures de la société française. En refusant de nommer les problèmes et en disqualifiant ceux qui tentent de le faire, cette gauche s'isole et perd le contact avec une partie de l'électorat qui ne se reconnaît plus dans ses anathèmes.
En définitive, cette fabrique de monstres idéologiques est un jeu dangereux qui pourrait se retourner contre ses apprentis sorciers. En banalisant l'accusation d'extrémisme, ils contribuent paradoxalement à la dédiabolisation de ceux qu'ils prétendent combattre. Le citoyen, lassé par cette surenchère verbale, finit par ne plus distinguer l'invective de l'analyse, la posture de la conviction. Pour retrouver sa crédibilité et redevenir une force de proposition, cette gauche devra impérativement sortir de sa forteresse morale, accepter la complexité du réel et réapprendre à débattre avec ses adversaires, sans les transformer systématiquement en caricatures monstrueuses. C'est à ce prix que la démocratie française pourra respirer à nouveau.



