À 13 ans Nickalas Kedrowitz tue son petit frère et sa soeur, il a été condamné à 100 ans de prison aux USA

Publié le 1 mai 2026 à 11:30
par François NORMAND
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Actualité

Dans la paisible bourgade d'Osgood, nichée au cœur de l'Indiana, le printemps 2017 a marqué le début d'un cauchemar éveillé pour une famille américaine ordinaire. Ce qui semblait être une tragédie inexplicable s'est rapidement transformé en l'une des affaires criminelles les plus glaçantes de la décennie. Au centre de ce drame insoutenable : Nickalas Kedrowitz, un adolescent de treize ans, au visage poupin et aux lunettes sages, qui a froidement ôté la vie à sa demi-sœur et à son demi-frère, tous deux en bas âge. 

Un enfant tueur en série ?

Tout bascule le 1er mai 2017. Ce jour-là, Christina McCartney, la mère de Nickalas, rentre du travail et découvre l'horreur

Son fils aîné, alors âgé de treize ans, tient dans ses bras la petite Desiree McCartney, sa demi-sœur de vingt-trois mois, inanimée et enveloppée dans une serviette. Malgré l'intervention rapide des secours et les tentatives de réanimation, la fillette, dont les lèvres étaient déjà bleues, succombe à l'hôpital quelques jours plus tard, le 6 mai.

L'autopsie, incapable de déceler une cause médicale évidente, laisse planer un doute insoutenable. La mort est qualifiée d'indéterminée, bien que les signes cliniques soient compatibles avec une suffocation.

Le drame aurait pu s'arrêter là, classé comme un accident domestique tragique. 

Seulement l'horreur frappe une seconde fois, avec une symétrie macabre. Le 20 juillet 2017, soit à peine quatre-vingt-un jours plus tard, les secours sont de nouveau appelés au domicile familial.

Cette fois, c'est le petit Nathaniel Ritz, le demi-frère de Nickalas âgé de onze mois, qui est retrouvé sans vie. Le scénario est effroyablement similaire : Nickalas était chargé de coucher le bébé. L'enfant décède peu après minuit.

Une fois de plus, l'autopsie ne révèle aucune anomalie génétique ou maladie, mais pointe vers une asphyxie.

La coïncidence est assez troublante pour les enquêteurs de la police d'État de l'Indiana. Le doute n'est plus permis : un tueur en série sévit au sein même de ce foyer.

un tueur en série habite ici

Les aveux glaçants de Nickalas Kedrowitz

L'étau se resserre rapidement autour de Nickalas. Les langues se délient dans l'entourage familial, révélant une facette sombre et inquiétante de l'adolescent. Des proches rapportent aux autorités que le jeune garçon a récemment torturé et mutilé des chatons chez sa grand-tante, faisant preuve d'une cruauté inouïe et d'une absence totale d'empathie.

Confronté par les enquêteurs en décembre 2017, Nickalas finit par passer aux aveux. Avec une froideur déconcertante, il explique avoir étouffé Desiree avec une serviette dans la salle de bain, puis Nathaniel avec une couverture dans son lit. Ses motivations, cependant, glacent le sang des policiers. L'adolescent affirme avoir agi sur ordre divin, expliquant qu'il devait « libérer » ses frères et sœurs de « l'enfer » et des « chaînes de feu ».

Victimes de Nickalas Kedrowitz

Lorsqu'on lui demande de définir cet « enfer », Nickalas évoque les corvées ménagères qui lui étaient imposées, mais pointe également du doigt le comportement abusif de son beau-père, Steven Ritz. La mère de l'accusé, Christina McCartney, tentera d'ailleurs de défendre son fils en affirmant qu'il voulait protéger les bébés des maltraitances de ce beau-père, qui les enfermait dans leur chambre. Toutefois, ces allégations ne mèneront à aucune poursuite contre Steven Ritz, et la justice se concentrera sur la responsabilité pleine et entière de Nickalas.

Un procès sous haute tension et une bataille d'experts

L'affaire soulève immédiatement une question juridique et morale épineuse : un enfant de treize ans peut-il être jugé comme un adulte pour un double meurtre ? La loi de l'Indiana le permet, mais la santé mentale de Nickalas devient le point central de la bataille judiciaire.

Pendant des mois, les audiences se succèdent pour déterminer si l'adolescent est apte à comparaître. Les experts psychiatriques se déchirent. Certains soulignent son quotient intellectuel limité (évalué autour de 72) et évoquent un trouble de stress post-traumatique lié à des abus subis dans son enfance. D'autres, mandatés par le tribunal, estiment qu'il comprend parfaitement les enjeux légaux et la gravité de ses actes.

Finalement, le juge tranche : Nickalas Kedrowitz est déclaré pénalement responsable et sera jugé comme un adulte.

En août 2021, après un procès éprouvant, le jury ne met que six heures à délibérer. Le verdict tombe, implacable : Nickalas Kedrowitz est coupable de double meurtre.

100 ans de prison pour Nickalas Kedrowitz

Le 1er février 2022, l'heure de la sentence a sonné au tribunal du comté de Ripley. Nickalas Kedrowitz, désormais âgé de dix-sept ans, comparaît en tenue de prisonnier orange, le regard vide, impassible. Le juge Ryan King ne mâche pas ses mots, soulignant l'absence totale de remords de l'accusé. « Il a assassiné deux personnes sans aucun remords », déclare le magistrat, fustigeant la préméditation et la cruauté des actes.

Le procureur Ric Hertel abonde dans ce sens, insistant sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un crime passionnel ou d'un coup de folie passager pour justifier la sévérité de la peine requise.

La sentence est prononcée : 50 ans de prison pour chaque meurtre, à purger consécutivement. Soit un total de 100 ans de réclusion criminelle. À l'énoncé du verdict, Nickalas Kedrowitz ne laisse transparaître aucune émotion, fidèle à l'attitude détachée qu'il a maintenue tout au long de la procédure. 

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Il est escorté hors du tribunal, menotté, condamné à passer le reste de son existence derrière les barreaux pendant que ses anciens camarades et ses copains s'amusent, profitent de la vie et de leur existence.

Perspectives de libération et débats éthiques

La condamnation de Nickalas Kedrowitz a suscité une onde de choc et relancé le débat sur l'incarcération à vie des mineurs aux États-Unis. Ses avocats ont immédiatement fait appel, arguant que la peine de cent ans équivalait à une condamnation à mort déguisée, inconstitutionnelle pour un crime commis à l'âge de treize ans.

Des organisations de défense des droits civiques, telles que le Sentencing Project et le Juvenile Law Center, ont soutenu cette démarche, déposant des mémoires amicus curiae pour dénoncer une sentence jugée extrême et disproportionnée. Ils soulignent que le cerveau d'un adolescent de treize ans est encore en plein développement et que la justice devrait privilégier la réhabilitation plutôt que la simple punition punitive.

Cependant, en novembre 2022, la Cour d'appel de l'Indiana a confirmé la condamnation et la peine de 100 ans, rejetant les arguments de la défense. 

Les juges ont estimé que la gravité exceptionnelle des crimes, la préméditation et le besoin de protéger la société justifiaient cette sentence hors norme. À ce jour, les perspectives de libération anticipée pour Nickalas Kedrowitz sont quasi inexistantes, faisant de lui l'un des plus jeunes condamnés à une peine aussi lourde dans l'histoire récente des États-Unis.

L'affaire Kedrowitz restera gravée dans les annales judiciaires comme une tragédie insondable. Elle nous confronte à nos peurs les plus profondes : l'idée que le mal absolu puisse se cacher derrière le visage de l'innocence enfantine.