Publié le 23 juillet 2025
par Benoît Papon

Faut-il interdire les piscines ?

L'idée qu'une piscine représente un gaspillage d'eau est largement répandue. Cette conviction doit-elle nous conduire à un débat sur l'interdiction de tout nouveau bassin et la suppression de ceux déjà en place ?
Actualité

Dans l’état d’esprit général, une piscine consomme beaucoup d’eau. Faut-il interdire la construction de nouvelles piscines et combler les anciennes ?

La piscine, un plaisir plébiscité par les Français

L'engouement des Français pour les piscines privées repose sur plusieurs facteurs qui en font un élément central de l'art de vivre à la française. La piscine est avant tout perçue comme un havre de paix et un lieu de convivialité. Elle permet de créer un espace de détente et de partage en famille ou entre amis, évoquant une atmosphère de vacances à domicile. Cet aspect a été particulièrement mis en avant depuis la crise sanitaire, renforçant l'idée que le bien-être chez soi est essentiel.

 

Au-delà de la convivialité, la piscine est également un atout pour la santé et le bien-être physique. Elle offre la possibilité de pratiquer une activité sportive à domicile, comme la natation, l'aquagym ou l'aquabike. La baignade est reconnue pour ses vertus relaxantes, aidant à soulager le stress et les tensions musculaires. L'immersion dans l'eau procure une sensation de légèreté et de bien-être quasi immédiate.

 

L'aspect esthétique n'est pas en reste. Une piscine est considérée comme un élément de décoration à part entière, qui valorise le jardin et l'ensemble de la propriété. Les professionnels du secteur proposent une large gamme de formes, de matériaux et d'équipements pour personnaliser le bassin et l'intégrer harmonieusement à son environnement.

 

Enfin, l'acquisition d'une piscine représente un investissement qui peut augmenter la valeur d'un bien immobilier jusqu'à 20%. C'est un argument de poids pour de nombreux propriétaires, qui y voient un moyen de valoriser leur patrimoine. La démocratisation du marché, avec des modèles plus petits et moins coûteux, a également contribué à rendre ce rêve accessible à un plus grand nombre de Français.

 

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Les idées reçues au sujet des piscines

Seulement, ce type d’installation est décrié depuis que certaines régions rencontrent des périodes de sécheresse davantage nombreuses.

Dans l’état d’esprit de la population, la piscine consomme de l’eau, beaucoup d’eau, mais quand est-il dans la réalité ?

 

Contrairement à une idée reçue, il n'est pas nécessaire de vider sa piscine et de changer l'eau chaque année.

 

En réalité, avec un entretien approprié, l'eau d'une piscine peut être conservée pendant plusieurs années. Un renouvellement complet de l'eau est généralement conseillé tous les 3 à 5 ans.

 

Cette opération est souvent réalisée au printemps, avant la remise en service du bassin.

L’évaporation naturelle

La principale source de perte d'eau d’une piscine est l'évaporation naturelle, notamment en été. 

Pour la contrer, la solution la plus efficace est de couvrir la piscine avec une bâche, un volet ou un abri dès qu'elle n'est pas utilisée. Cette simple action peut réduire l'évaporation de 50 % à 95 %.

Seulement, l’évaporation de l’eau est un phénomène naturel. L’eau n’est pas consommée, elle est simplement remise en circulation dans la nature pour reprendre son cycle.

Des mesures coercitives davantage idéologiques que scientifiques

Certaines villes ont instauré un moratoire et refusent systématiquement les demandes de permis de construire de piscine.

 

Ainsi, dans les Pyrénées-Orientales, des communes à l’instar d’Elne, ont instauré un moratoire sur la construction de nouvelles piscines.

 

Le Maire communiste n’est pas le seul à vouloir interdire purement et simplement les piscines. À Rennes, même mouvance de la part de la majorité de gauche et des écologistes.

 

Ces décisions municipales ne sont fondées sur aucun fait scientifique ni aucune mesure factuelle s’agissant de la consommation d’eau des piscines. Pour la simple raison qu’une piscine est en circuit fermé, à l’instar du chauffage d’une maison ou d’un appartement. Ainsi sa consommation d’eau est quasi nulle et n’est pas significative lorsqu’elle est couverte ou bâchée en cas d’inutilisation.

 

En sus, les pompiers viennent pomper l’eau des piscines lorsqu’ils font face à un incendie à proximité. Il s’agit de réservoirs d’eau bien utile dans les territoires dépourvus de bouches d’incendie.

 

Après ces mesures coercitives, quelle est la prochaine étape ? Demander aux propriétaires de piscines existantes de les combler ?

 

On est loin du bon sens et du pragmatisme nécessaire à la gestion raisonnée de la ressource en eau.