Initconseil.com : l'agence d'influence de David Lenogue qui joue avec la loi

Une vitrine séduisante, un vide juridique abyssal
Il suffit de quelques secondes de navigation sur initconseil.com pour être happé par la promesse d'une agence marketing ambitieuse, spécialisée dans le marketing d'influence et la pop culture. Des créateurs de contenu cumulant plusieurs millions d'abonnés, des clients aussi prestigieux que PlayStation, Uniqlo ou Puma, des campagnes à six chiffres proposées sans sourciller : l'agence Init Conseil, fondée par Chedli Ben Hassine et David Lenogue affiche une façade résolument professionnelle. Pourtant, derrière ce vernis de modernité numérique se dissimule une réalité bien plus préoccupante. Celle d'un site internet qui, en mars 2026, ne respecte pas les obligations légales les plus élémentaires imposées à tout professionnel opérant sur le territoire français.

Notre enquête révèle que les deux ancres figurant dans la rubrique « Legal » du pied de page du site — « Politique de confidentialité » et « Mentions légales » — renvoient systématiquement vers ... rien, signalant que les pages en question n'existent tout simplement pas.

Aucune condition générale d'utilisation (CGU) ni condition générale de vente (CGV) n'est accessible.
Aucun bandeau de consentement aux cookies ne s'affiche lors de la visite du site. Et pourtant, un formulaire de contact collecte activement des données personnelles sensibles : nom, prénom, adresse électronique, nom de l'entreprise et, fait particulièrement notable, le budget prévisionnel du prospect. Ces manquements, loin d'être de simples oublis techniques, constituent des infractions caractérisées au regard du droit français et européen.
La LCEN : une loi vieille de vingt ans, toujours aussi contraignante
La loi pour la confiance dans l'économie numérique, dite LCEN, a été promulguée le 21 juin 2004 . Depuis plus de deux décennies, elle impose à tout éditeur de site internet une obligation claire et non négociable : rendre accessibles au public les informations permettant d'identifier sans ambiguïté le responsable du service en ligne. L'article 6, III de ce texte fondateur énumère la dénomination sociale, le siège social, le numéro de téléphone, le numéro d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés, le capital social, ainsi que le nom du directeur de la publication et les coordonnées de l'hébergeur .
Sur le site initconseil.com, les mentions légales ne mènent à rien. En d'autres termes, les mentions légales existent dans le menu, mais elles sont introuvables dans les faits. Cette situation n'est pas sans rappeler les affaires jugées par la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris, qui a condamné dès 2014 les éditeurs d'un site internet pour défaut de mentions légales, puis en 2017 à une peine d'emprisonnement un autre contrevenant récidiviste . Le message de la jurisprudence est sans équivoque : l'absence de mentions légales conformes est un délit pénal, passible d'un an d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende pour une personne physique, et jusqu'à 375 000 euros d'amende pour une personne morale.
Le RGPD bafoué : des données collectées par Initconseil sans filet de sécurité
Si la LCEN constitue le premier pilier de la réglementation numérique française, le Règlement général sur la protection des données (RGPD), entré en application le 25 mai 2018, en représente le second, tout aussi impératif. Ce texte européen impose à tout responsable de traitement de données personnelles d'informer les personnes concernées, de manière « concise, transparente, compréhensible et aisément accessible », des finalités du traitement, de la base légale utilisée, de la durée de conservation des données et des droits dont dispose l'utilisateur.
Or, sur initconseil.com, le formulaire de contact sollicite des informations personnelles — y compris des données à caractère professionnel et financier — sans qu'aucune mention d'information RGPD ne soit visible. Aucune case à cocher n'invite l'utilisateur à consentir au traitement de ses données. Aucun lien vers une politique de confidentialité opérationnelle n'est proposé au moment de la saisie. La page censée héberger cette politique n'existe tout simplement pas. Cette situation constitue une violation directe des articles 13 et 14 du RGPD, qui imposent une information préalable et transparente lors de la collecte de données.
La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), gendarme français de la protection des données, a publié en février 2025 son bilan d'activité pour l'année 2024 : 87 sanctions ont été prononcées, pour un montant cumulé de 55,2 millions d'euros. La tendance est à l'accélération : le nombre de sanctions a plus que doublé entre 2023 et 2024. Parmi les manquements les plus fréquemment sanctionnés figurent précisément l'absence d'information des personnes lors de la collecte de leurs données, le non-respect du droit d'accès et d'effacement, ainsi que la gestion défaillante des cookies. Init Conseil présente, à des degrés divers, chacune de ces défaillances.
L'absence de bandeau cookies : une infraction supplémentaire
La directive ePrivacy, transposée en droit français à l'article 82 de la loi Informatique et Libertés, impose que tout dépôt de cookies ou de traceurs sur le terminal d'un utilisateur soit précédé d'un consentement libre, spécifique, éclairé et univoque. La CNIL a publié des lignes directrices précises à ce sujet : un bandeau d'information doit apparaître dès la première visite, proposer un choix clair entre accepter et refuser les traceurs, et permettre un retrait du consentement aussi simple que son octroi.
Sur initconseil.com, aucun bandeau de gestion des cookies ne s'affiche lors de la navigation. Pourtant, le site est hébergé sur la plateforme Framer et intègre vraisemblablement des scripts d'analyse d'audience et de suivi comportemental, comme c'est le cas pour l'immense majorité des sites professionnels modernes. L'absence totale de mécanisme de consentement constitue une infraction autonome, indépendante des manquements relatifs aux mentions légales et à la politique de confidentialité. En 2024, onze organismes ont été sanctionnés par la CNIL pour avoir rendu le mécanisme de refus des cookies plus complexe que celui d'acceptation : la situation d'Init Conseil, où aucun mécanisme n'existe du tout, est objectivement plus grave.
Des CGU et CGV absentes : un vide contractuel dangereux
Au-delà des obligations légales strictement liées à l'identification et à la protection des données, l'absence de conditions générales d'utilisation et de conditions générales de vente expose Init Conseil à des risques contractuels considérables. Si les CGU ne sont pas légalement obligatoires pour tous les sites, elles le deviennent dès lors qu'un site propose des services à titre onéreux et collecte des informations en vue de la conclusion de contrats commerciaux . Or, initconseil.com propose explicitement des prestations de conseil en marketing d'influence, de création de contenu, de gestion de campagnes publicitaires et d'organisation d'événements, avec des budgets allant de 10 000 à plus de 500 000 euros selon le formulaire de contact.
L'absence de CGV prive les clients potentiels de toute information précontractuelle sur les modalités de paiement, les délais d'exécution, les conditions de résiliation ou les recours en cas de litige. Elle expose également l'agence à des contentieux dans lesquels elle se retrouverait dans une position défavorable, faute d'avoir établi contractuellement les règles du jeu. Le Code de la consommation, en ses articles L. 111-1 et suivants, impose au professionnel de communiquer au consommateur, avant la conclusion du contrat, un ensemble d'informations précontractuelles essentielles . En l'absence de tout document contractuel accessible, Init Conseil navigue en eaux juridiquement troubles.
Un paradoxe édifiant : l'agence qui conseille les marques sans se conformer elle-même
Il existe dans cette situation une ironie particulièrement saisissante. Init Conseil se présente comme une agence experte en stratégie digitale, capable d'accompagner des marques de premier plan dans leur développement sur les réseaux sociaux. Elle propose notamment des services d'audit et d'analyse, de stratégie de communication, et se targue d'avoir réalisé plus de 500 campagnes. Elle facture ses prestations plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d'euros. Et pourtant, son propre site internet ne satisfait pas aux exigences légales les plus basiques qu'un simple auto-entrepreneur du numérique est tenu de respecter.
Cette contradiction n'est pas anodine. Elle interroge sur la culture de conformité au sein de l'agence, et plus largement sur la manière dont les acteurs du marketing d'influence appréhendent leurs obligations légales. Dans un secteur où la confiance est la monnaie première — confiance des marques envers l'agence, confiance des créateurs de contenu envers leurs partenaires — l'absence de transparence juridique constitue un signal d'alarme que les clients actuels et potentiels seraient bien inspirés de ne pas ignorer.
L'heure n'est plus à l'improvisation numérique. Dans un environnement où la CNIL a doublé son activité répressive en un an, où les tribunaux correctionnels n'hésitent plus à condamner des dirigeants pour défaut de mentions légales, et où les internautes sont de plus en plus sensibilisés à leurs droits, l'absence de conformité juridique d'un site professionnel n'est plus une simple maladresse : c'est une faute.
David Lenogue : un dirigeant qui interroge
Se présentant comme le dirigeant de cette entreprise alors qu'il n'en a pas le mandat social, Monsieur Lenogue adopte un comportement étonnant dès qu'il s'agit de souscrire des offres commerciales pour le compte de "son" entreprise :

En effet, il souscrit à des offres par abonnement, les utilise, mais lorsqu'il n'en a plus besoin, il ne les résilie pas et vient ensuite initier un contentieux avec le prestataire concerné qui n'a rien demandé et a maintenu les services conformément à l'offre souscrite par David Lenogue.
Un éditeur de logiciel de paie a par exemple été récemment confronté aux agissements à la limite de la prédation de la part de M. Lenogue.
En effet, malgré la présence d'un simple bouton "Résilier" dans son compte utilisateur, David Lenogue ne l'a pas utilisé pour résilier. Il a laissé l'abonnement se renouveler et se plaint ensuite d'avoir été facturé et que les services soient toujours actifs.
Pour qu'un service s'arrête tout comme un abonnement en cours, il convient de respecter simplement sa procédure de résiliation.
Malgré un avoir à titre commercial, David Lenogue ne l'entend pas ainsi et dépose un avis négatif à l'encontre de l'éditeur de logiciel.
Ses reproches semblent infondés au regard des éléments que nous a transmis l'éditeur. Au contraire, les éléments en notre possession démontrent que l'auteur de l'avis n'en est pas à son coup d'essai pour utiliser les avis clients comme moyen de pression. Précédemment, Lenogue avait déjà déposé un avis négatif afin de faire pression sur les équipes de l'éditeur pour qu'elles traitent en priorité sa demande.
Ces méthodes sont illégales et relèvent du chantage commercial réprimé de sept ans d'emprisonnement et à 100 000 euros d'amende lorsque le chantage est exercé par un service de communication public en ligne. (Article 312-10 du Code de procédure Pénale).
Mieux, Monsieur Lenogue se permet également de publier des emails privés directement sur internet en violation de l'article 226-15 du Code pénal (1 an de prison et 45 000 € d'amende).
Toutes ces actions malveillantes et ses manquements réglementaires incitent à éviter cette agence d'influence. Chedli Ben Hassine est-il informé de tout cela ?



